Voilà c’est fini

La nouvelle était dans l’air depuis hier, elle a été confirmée aujourd’hui par la principale intéressée. Justine Henin a mis un terme immédiat à sa carrière. Une sortie par la porte dérobée car intervenant 1 semaine après une défaite sans gloire au 2eme tour du Tournoi de Berlin. Et pourtant c’est bien là le paradoxe. Si Justine était apparue usée mentalement et physiquement , dans la capitale allemande, voir sur le déclin, elle était pourtant toujours bien l’autoritaire numéro 1 mondiale du circuit féminin. Et n’est ce pas là tout le problème ? Avons nous su apprécier à sa juste valeur, les exploits de ce duo exceptionnel (N’oublions pas Kim Clijsters) qui a mené au firmament le tennis belge. De l’enthousiasme du début pour ces deux jeunes filles qui titillaient les meilleures joueuses de la planète tennis à l’engouement et la fierté chauvine qu’ont suscités leurs premiers titres du grand chelem, ont fait place à la normalité puis… à la banalité. Justine qui gagnait à nouveau Roland Garros était devenu évident voir logique. Tout juste s’imaginait-t-on qu’elle devait encore batailler 7 fois avant de lever un trophée.

Après une année 2007 époustouflante où elle avait tout gagné, Justine semblait au sommet de son art et peu de gens imaginaient qu’elle s’arrêterait en si bon chemin. On s’imaginait déjà la voir remporter les 4 levées du grand chelem la même année et réentendre l’air de la Brabançonne couplé à son sourire chevalin, une médaille du plus précieux des métaux autour du cou.

Mais voilà notre championne en a décidé autrement. On ne la plaindra pas. Elle a mené une existence certes stressante et usante mais en ayant la chance de faire un métier de son hobby. Son compte en banque est bien fourni (même si elle a donné la moitié à son ex) et elle a des projets de reconversion plein la tête (Son académy à Limelette et d’éventuelles études). Elle aura néanmoins rendu un fier service à tous les étudiants qui pourront consacrer plus de temps à leur blocus qu’à regarder Roland Garros. Même si devant l’imagination dont nous faisons preuve pour ne pas travailler, nous verrons dans les jolies jambes de Sharapaova ou Ivanovic, dans les coups de Federer ou les cris bestiaux de Rafael Nadal, de nombreux prétextes pour faire une pause.

Que retenir de Justine Henin ? Tout d’abord des chiffres : 41 titres WTA dont7 victoires en grand chelem (4 Roland Garros, 1 Australian Open et un US Open), une médaille d’or à Athènes. Ensuite on retiendra que ce petit bout de femme a su imposer sa loi malgré son mètre 67 la handicapant face aux géantes Williams, Davenport ou Sharapova. La petite jeune fille frêle des débuts, le petit David est devenu un Goliath invicible, une machine à gagner bien huilé écrasant tout sur son passage. Henin donnait parfois via une certaine froideur cette impression d’écraser les sentiments entre sa séparation avec son père et sa famille jusqu’à son divorce avec Pierre-Yves Hardenne . Ces épreuves ont forgé un caractère et un mental de fer à la championne qui l’ont amené au palmarès qu’elle affiche aujourd’hui mais celle-ci a su se rendre compte à temps que l’essentiel d’une vie ne se déroule pas une raquette à la main. Enfin je m’en voudrais d’oublier l’homme qui a construit patiemment dans l’ombre, cette championne pendant 12 ans. Carlos Rodriguez. Une collaboration d’une telle durée et d’une telle complicité ne sont que trop rares que pour être souligné. Mais voilà c’est fini, nous ne pourrons plus nous moquer des français en disant que Roland Garros c’est chez nous, et on devra à mon avis encore attendre très longtemps avant de retrouver un(e) tel(le) champion(ne) d’exception capable de mener aussi haut et fièrement les couleurs de notre plat pays au bord de l’implosion.

Alors voilà, Justine merci pour tous ces beaux moments de sport, et bonne chance dans ta nouvelle vie.

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