Au tour d’un étranger ?

La lutte pour la victoire finale dans le Giro s’est souvent disputée entre italiens. Cela fait depuis 12 ans qu’un étranger s’est plus imposé dans la botte. Cette année, les choses pourraient changer

Malgré l’absence du vainqueur 2004, Damiano Cunego qui a préféré faire l’impasse sur son épreuve fétiche pour préparer au mieux le Tour de France, les prétendants à la victoire dans ce 91eme Tour d’Italie seront nombreux.

Vainqueur sortant, Danilo Di Luca a connu une préparation perturbée. Non conservé par la Liquigas après sa condamnation dans le cadre de l’affaire Oil for Drug, le grimpeur de 32 ans s’est relancé au sein de l’équipe continentale LPR Brakes. Privé des classiques ardennaises, Di Luca n’a pas pu adopter la même préparation que par le passé. C’est donc sans ses repères habituels que l’Italien défendra son titre ces trois prochaines semaines. Une victoire finale dans la Semaine Lombarde et une place sur le podium du Giro d’Oro ne constituent pas en soi des arguments infaillibles, mais le coureur, toujours menacé de suspension, a tout misé sur le mois de mai. Alors qui sait…

Mais c’est surtout de l’invité de dernière minute Astana que devrait venir la menace. Avec le trio Klöden-Contador-Leipheimer, la formation de Johan Bruyneel pourrait faire tourner l’italie…kazakhe. Andreas Klöden ne pensait pas pouvoir profiter de son excellente condition physique du moment. Il pourrait bien être le plus grand bénéficiaire de la sélection de dernière minute d’ Astana. A 32 ans, cet habitué des places d’honneur au Tour de France (2ème en 2005, 3ème en 2006) découvrira samedi le Giro. Le Teuton profitera des épreuves chronométrés pour rattraper le temps qu’il pourrait concéder en montagne.

A 34 ans, son équipier Levi Leipheimer constituera un autre candidat majeur à la victoire . Rouleur hors pair, celui qui s’est adjugé cette saison le Tour de Californie pourra profiter des 80 kilomètres chronométrés de l’édition 2008 pour faire la différence. Il devra aussi résister aux attaques des purs grimpeurs dans les exigeants cols des Dolomites pour parvenir à tirer son épingle du jeu dans un Tour d’Italie qu’il découvrira lui aussi.

Si Denis Menchov aura surtout pour ambition de briller lors du prochain Tour de France, ses prestations au Tour de Castille-Léon et au Tour de Romandie (4eme final) laissent présager un bon comportement du russe pendant ce Giro. Complet il est capable de suivre les meilleurs grimpeurs et de tenir la tête haute aux spécialistes du contre-la-montre. Si il s’en donne les moyens,il ne devrait pas échouer très loin du podium final à Milan.

Malgré ses 36 ans, Gilberto Simoni pourrait encore s’avérer capable d’un dernier exploit sur son épreuve de prédilection. Deux fois vainqueur en 2001 et 2003, Gibo a réussi la performance de finir dans le top 4 des cinq dernières éditions. L’année passée, il s’était aussi imposé au sommet du terrible Monte Zoncolan. Transféré dans la modeste équipe Diquigiovanni, le Trentin ne pourra plus compter comme l’an passé sur des équipiers de luxe comme Ricco et Piepoli.

L’épreuve aura aussi tout une série d’outsiders capables de briguer un top 1 O à Milan ou de s’imposer dans une étape de prestige. Parmi ceux-ci, on citera Leonardo Piepoli et Riccardo Ricco (Saunier Duval), Juan Manuel Garate (Quick.Step), Paolo Savoldelli (LPR), Vladimir Karpets (Caisse d’Epargne), Tadej Valjavec (AG2R), Vicenzo Nibali (Liquigas) ou encore Emanuele Sella.

Présent de dernière minute en Italie, Alberto Contador n’a plus roulé depuis 1 mois. Mais sur sa classe, il pourrait réaliser l’un ou l’autre coup d’éclat et aider ses équipiers Klöden et Leipheimer.

Côté belge, les espoirs de classement reposeront sur Wim Van Huffel. Le flamand tentera de rééditer ses belles prestations en haute montagne de 2005, où il avait conquis quelques top 5.

voir Petit Historique du Giro

Voir plus d’informations sur notre page Giro 2008

Leave a Reply