Décès de François Sterchele

L’arbre signifie souvent la fin de l’Enfer pour les coureurs de Paris-Roubaix, pour François Sterchele il aura été le début de l’Enfer. 23 ans après Ludo Coeck, c’est un autre joueur phare du football belge qui se tue sur la route.

« Il vivait à 100 km/h » disait Marc Brijs en réaction au décès inopiné de François Sterchele ce jeudi 8 mai. Il aurait pu dire à 220km/h… Voiture de sport, vitesse et footballeur ont rarement fait bon ménage. Il y a 2 semaines, le Trudonnaire Peter Van Houdt, ivre, faisait à bord de son véhicule une entrée remarquée dans le salon d’une maison limbourgeoise. Heureusement sans gravité, si ce n’est pour la façade. Mais après Emile Mpenza, sa Porsche, son arbre puis Thomas Chatelle et ses 219 km/h sur l’autoroute de Lummen, c’est à la combinaison de ces 2 faits que François Sterchele s’est essayé avec la fin tragique que l’on connaît. Cruelle ironie, pour un joueur habitué d’envoyer des ballons au fond des filets, de finir sa vie sur un poteau… Ce n’est pourtant pas la rapidité qui a caractérisé l’éclosion de ce liégeois. Il avait débuté à Loncin, près de Liège avant de rallier le FC Liège. C’est à La Calamine, en promotion, qu’il entama sa progression: il termina meilleur buteur avec 24 goals avant de récidiver un an plus tard au OH Louvain. C’est Charleroi qui le lancera dans le grand bain de la D1. Après une première saison prometteuse (9 buts) , c’est au GBA qu’il confirmera avec un titre de meilleur buteur à la clé. C’est aussi cette année là qu’il connaîtra les joies d’une première sélection en équipe nationale (Il en aura 6 au total). Courtisé l’été dernier par Anderlecht et le Standard, c’est à Bruges qu’il aboutira, retrouvant ainsi son mentor de l’époque carolo : Jacky Mathijsen. Cette saison encore,il avait marqué 11 buts.

Attaquant racé, doué et doté d’un fameux sens du but, il était aussi un joueur simulateur, provocateur et à la limite de l’arrogance. Ce comportement lui avait valu la popularité de ses supporters (Aussi bien en Flandre qu’en Wallonie) mais avait fait de lui la tête de turc des joueurs et publics adverses. Pas plus loin que samedi, lors du match contre Anderlecht, Jelle Van Damme auteur du 2eme but des “mauves” avait singé le geste de buteur de Sterchele. Le back gauche avait déclaré ensuite : « il l’a bien cherché ».

Adulé ou détesté, François Sterchele était un homme avant d’être un footballeur. Un fils, un frère ou un ami pour sa famille et ses proches. Taclé en pleine jeunesse, le cas du jeune liégeois rappelle à quel point les provocations et insultes inhérentes au monde du football peuvent apparaître bien dérisoires et puériles après coup. Ce sport reste avant tout un jeu…

Le football belge perd un de ses talents, la Belgique un énième tué de la route, victime de sa folie pour la vitesse.

Les auteurs de ce blog présentent à la famille et aux proches de François Sterchele leus plus sincères condoléances.

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