Frank Schleck se pare de jaune
Le Luxembourg n’avait plus eu un porteur de maillot jaune depuis 50 ans. Cette année, déjà 2 représentants de ce pays qui se sont partagés la mythique tunique. Après Kim Kirchen, c’est au tour de Frank Schleck de se l’accaparer. L’étape est quant à elle revenu au baroudeur australien Simon Gerrans.
Malgré les affaires de dopage, on vit un Tour de France au suspens incroyable. Les 3 premiers du classement général se tiennent en effet en 8 petites secondes. La victoire d’étape de cette arrivée inédite à Prato Nevoso en Italie est revenue à un Australien mais pas celui qu’on pense… Simon Gerrans du Crédit Agricole est parti en compagnie d’Egoi Martinez, Danny Pate et José Luis Arrieta avant le pied du Col Agnel qui marquait le passage dans la botte italienne. Ce quatuor prendra très vite un avantage d’un quart d’heure sur un peloton qui voyait Stijn Devolder mettre pied à terre. La descente du col sera marquée par la terrible chute d’Oscar Pereiro Sio qui devra abandonner en raison d’une fracture de la clavicule. Le peloton marqué par l’incident du vainqueur 2006 ralentira et laissera les échappées augmenter leur avantage. C’était désormais certain, ces 4 hommes allaient se disputer la victoire au sommet du Prato Nevoso. Martinez allait être le premier à attaquer faisant craquer Arrieta, mais pas Pate qui avait bluffé tout le monde dans la plaine et Gerrans. Les 3 hommes arriveront ensemble dans le dernier kilomètre et c’est l’australien réputé le plus véloce qui s’imposera.
Mais c’est surtout la lutte pour le maillot jaune qui attirait les regards. Après que Spartacus Cancellara et Voigt aient mené un train d’enfer avant le pied de la dernière montée, c’est Andy Schleck qui faisait exploser le peloton le réduisant à un groupe d’une petite dizaine d’hommes. C’était déjà fini pour les régionaux de l’étape Nibali et Cunego, pour Kirchen et Monfort. Les CSC jouaient la carte Frank Schleck et après le cadet des frères c’était au tour de Sastre d’attaquer. Cadel Evans, qui avait perdu trop tôt dans l’ascension Popovytch, ne semblait pas dans un grand jour. Denis Menchov le sentait et attaquait avant de glisser dans un virage et voir son effort anéanti. A la peine, Evans s’accrochait comme un beau diable mais ne pourra rien lorsque Carlos Sastre s’envolera emmenant dans son sillage Bernhard Kohl, Denis Menchov et un Alejandro Valverde retrouvé. Alors que tout le monde attendait que l’aîné des Schleck dépossède Evans de la tunique jaune, c’est Kohl qui accelérait pour tenter de la subtiliser au nez et à la barbe des CSC. Mais Frank Schleck accélerait dans le dernier kilomètre, provoquant la perte d’un Evans qui se retrouvait dépossédé son bien.
Ce sont donc désormais 3 hommes (F. Schleck, Kohl, Evans) qui se tiennent en 8 petites secondes (Un chiffre maudit pour Laurent Fignon) et ils sont même 6 en moins d’une minute si l’on rajoute Menchov, le stupéfiant Vandevelde et Sastre. Les 2 grosses étapes alpestres qui attendront les prétendants à la victoire après la journée de repos de demain s’annoncent somptueuses.
le classement:
1. Simon Gerrans (AUS/C.A) les 182 km en 4h50′44″.
2. Egoi Martinez (ESP/EUS) à 03″
3. Danny Pate (USA/TSL) à 10″
4. José Luis Arrieta (ESP/AG2) à 55″
5. Bernhard Kohl (AUT/GST) à 4′03″
6. Carlos Sastre (ESP/CSC) m.t
7. Alejandro Valverde (ESP/GCE) à 4′12″
8. Denis Menchov (RUS/RAB) à 4′23″
9. Frank Schleck (LUX/CSC) à 4′41″
10. Christian Vandevelde (USA/TSL) à 4′43″
Archivé sous: Brève, Cyclisme | Taggé: bernhard kohl, cadel evans, frank schleck, simon gerrans, tour de france 2008 | Aucun commentaire »

Pourtant bien mal embarqué, Albert Montanes a finalement su se montrer patient pour renverser la vapeur et s’imposer dimanche en finale du tournoi d’Amersfoort aux dépens du Belge Steve Darcis, tenant du titre (1-6, 7-5, 6-3). L’Espagnol remporte le premier titre de sa carrière.

Adepte du franc parler, Marc Madiot apparait pour beaucoup de personnes suivant le Tour de France comme un chevalier blanc de la lutte contre le dopage. Ses positions fortes et sans compromis contres les tricheurs l’ont rendu populaire auprès d’une grande majorité des gens. Pourtant le directeur sportif de la Française des jeux n’a pas toujours adopté la même attitude…
Pourtant, le patron de la Française des Jeux n’a pas toujours tenu le même discours et pour paraphraser Christian Prudhomme à propos de Mauro Gianetti, ne semble pas plus qu’un autre un parangon de vertu. En 2006, en réaction au contrôle positif de Floyd Landis, le mayennais avait déclaré ceci : « Est-ce qu’il faut encore réagir à toutes ces histoires ? Est-ce que ça sert encore à quelque chose ? C’est catastrophique. ». Dix-huit ans plus tôt dans la même situation mais avec Pedro Delgado dans le rôle du lauréat coincé la main dans le sac, il répondait ceci aux journalistes. « Je ne pense pas que dans l’ensemble le peloton va condamner l’attitude de Delgado parce que ce qui arrive à Delgado peut arriver à beaucoup de coureurs. ».
Bref, on est bien loin de l’image d’Epinal de l’homme révolté contre les tricheurs qui salissent son sport. Il avait déjà avoué pendant sa carrière avoir consommé des “produits interdits” pendant les criteriums d’après Tour. Mais surtout, tant comme coureur que comme patron d’équipe, Marc Madiot a fréquenté des individus à la réputation aussi sulfureuse que Riccardo Ricco. Comme équipiers, on citera entre autres Bernard Hinault (qui refusera de se soumettre à un contrôle), Laurent Fignon (actuellement commentateur sur France 2 et contrôlé positif aux amphétamines en 1987), Eric Boyer (l’actuel patron de Cofidis avait un faible pour les corticoïdes) ou Uwe Ampler (chez Telekom).
Tout ceci donne bel et bien l’impression que l’on nous prend vraiment bien pour des cons en nous faisant croire que des gars au passé plus que trouble comme Marc Madiot sont les nouveaux guides du cyclisme propre. Le patron de la Française des Jeux a miraculeusement échappé à des sanctions lors du Procès Festina alors qu’il était selon l’avis de beaucoup, loin d’être blanc sur neige. Mais le pire, c’est que notre homme a été décoré de la légion d’honneur par le Ministre de la Jeunesse et du Sport… et se permet de donner des leçons à des individus n’ayant pas les mains plus sales que lui. Si le dopage n’a pas disparu dans le cyclisme, on peut être sûr que l’hypocrisie encore moins…
Les sprinteurs se sont livrés bataille une dernière fois avant les Alpes. En l’absence de Cavendish lâché dans la dernière bosse de la journée, c’est Oscar Freire qui s’est imposé à Dignes-Les-Bains. Avec cette victoire, l’espagnol prend aussi une belle option pour ramener le maillot vert à Paris.
Cette étape entre Narbonne et Nîmes se sera une nouvelle fois conclue par un sprint massif. Et comme à chaque fois depuis le début de ce Tour, c’est Mark Cavendish qui a dicté sa loi. C’est la 4eme victoire d’étape sur ce Tour pour le jeune britannique de 23 ans.
L’équipe Saunier Duval a annoncé vendredi le licenciement des coureurs italiens Riccardo Ricco et Leonardo Piepoli pour violation du «code éthique» de l’équipe. Si le licenciement du Cobra semble logique au vu de
L’ancien champion de Belgique Stijn Devolder ne fera pas partie de la délégation olympique belge qui s’envolera pour Pékin. Le coureur Quick.Step vient de renoncer aux Jeux.
A 24 ans, l’enfant terrible du cyclisme italien Riccardo Ricco présentait toutes les qualités requises pour devenir dans les années a venir, une légende du peloton tout comme l’idole de sa jeunesse, Marco Pantani. Mais sa fascination pour le Pirate l’a semble t-il mené aux mêmes dérives. Ricco est tombé aussi vite qu’il était arrivé au sommet.
Son rêve, son existence était basée sur cette volonté de ressusciter le mythe de son idole Marco Pantani dont il gardait précieusement un autographe depuis ses 14 ans. On ne peut pas reprocher au jeune italien d’avoir eu un tel modèle. Pantani a fasciné des milliers de gens qui voyait en lui, l’homme capable de décider de l’issue d’une étape de montagne. Ses envolées aériennes avaient quelque chose de magique, son charisme d’écorché vif était touchant. Le Pirate incarnait une sorte de héros des temps modernes. Flamboyant et divin dès que les pentes s’élevaient et tellement humain dans sa déchéance. Sa mort tragique, abandonné de tous, alors qu’il avait suscité tant de ferveur, l’a fait rentrer dans la légende. Marco Pantani n’était pas comme le disent certains moralisateurs hypocrites du vélo un simple tricheur, un dopé. Il était surtout la victime et le symbole des excès de nos sociétés modernes qui cultivent la célébrité facile, et l’obtention de résultats par tous les moyens, comme des valeurs nobles. Le Pirate de Cesena devait servir d’exemple pour que la nouvelle génération ne tombe pas dans les mêmes pièges, mais Riccardo Ricco ne l’a pas compris.
Sa fascination à la limite de l’obsession pour le Pirate l’avait poussé à s’établir sur le littoral de Romagne afin d’aller s’entraîner sur les mêmes routes que son idole. Pour son malheur, il a suivi aussi son aîné sur les mêmes chemins hors-la-loi. A Madonna di Campiglio, le Pirate avait quitté le Giro 1999 par une portière dérobée à cause d’un hématocrite hors norme conséquence d’une utilisation d’EPO. Mais ce produit semblait avoir disparu avec cette génération Pantani qui fascinait tant Riccardo Ricco. Le Cobra avait déjà failli être écarté du peloton professionnel avant même de le rejoindre. Rejeté des sélections nationales à cause d’un hématocrite élevé, il avait dû se soumettre à une batterie d’examens afin d’obtenir un certificat attestant que ce taux était naturel. Il du d’ailleurs attendre l’âge de 22 ans pour pouvoir signer son premier contrat pro avec Saunier Duval. La suite de l’histoire on la connaît.
Riccardo Ricco qui incarne cette nouvelle génération qu’on espérait propre a surtout été victime de sa folie de la gloire. Isolé au sein d’un peloton ne supportant ni ses provocations, ni sa réputation sulfureuse, il avait depuis longtemps perdu le sens de la réalité et s’est cru invincible comme tant d’autres avant lui. Mais les applaudissements et les tifosi ont fait place aux sifflets et aux gendarmes. Le Cobra est redescendu de son nuage et risque bien de se retrouver abandonné dès que le feu des projecteurs se sera éteint sur lui. En espérant pour lui que son adoration pour Marco Pantani ne se termine pas non plus avec une overdose de cocaïne dans une chambre d’hôtel minable de Rimini.
Riccardo Ricco a été contrôlé positif à l’EPO. Mais elle n’est pas la même que celle de première génération retrouvée dans les urines de Manuel Beltran et Moises Duenas. L’EPO du Cobra est de la 3eme génération et est appelée CERA. Explications.
Cadel Evans (AUS, Silence), maillot jaune: «Je suis désolé pour l’image de notre sport mais, au moins, cela veut dire que les contrôles marchent et marchent bien. Il suffit de voir les gens au bord de la route pour voir que la passion pour le cyclisme est toujours là. Les contrôles sont plus poussés dans notre sport qu’ailleurs. C’est injuste car notre sport est crucifié alors qu’il fait les bonnes choses. Les institutions essaient de nettoyer, de faire les bonnes choses mais pourtant, elles sont critiquées. Que faut-il faire alors ? Pour ma part, je suis habitué à être contrôlé, j’y passe tous les jours.»
Stuart O’Grady (coureur, CSC): «On doit tout recommencer. Je ne comprends toujours pas pourquoi il y a des coureurs qui continuent à mettre leur sport en danger. Combien d’avertissements faudra-t-il avoir avant que ces gens comprennent ? Pour moi, on doit les interdire à vie. Ils peuvent aller travailler ailleurs, faire n’importe quel métier, au lieu de pourrir le vélo…» (AFP)
Romain Feillu (Agritubel) : «J’ai entendu parler qu’un nouveau truc existait, qui était soi-disant indétectable. C’est donc une bonne nouvelle. Si les contrôles marchent et qu’on voit que c’est le seul à l’utiliser, c’est positif. De toute façon, Ricco c’était quelqu’un d’arrogant, qui n’était pas apprécié dans le peloton. Maintenant, cela va peut-être rouler moins vite.»
Mark Cavendish (Team Columbia) : «Les tests attrapent les tricheurs, c’est comme ça qu’on assainit le sport. Je crois que c’est une grande déception pour les organisateurs, c’est un manque de respect à leur égard, alors que l’on a un Tour magnifique. Mais notre sport change dans le bon sens. J’aime le vélo passionnément et je crois au travail. Je ne veux pas ternir mon sport parce que j’ai la passion. Peut-être que ceux qui trichent n’ont pas cette passion. Je suis ravi de voir les tricheurs se faire attraper et que ces gens quittent le peloton. Je suis professionnel depuis un an et demi et je veux continuer à aimer ce sport encore longtemps...»
Eusebio Unzue (directeur sportif de Caisse d’épargne): «C’est une catastrophe. Je ne comprends pas ce qu’il faut pour que tout le monde se rende compte que ça ne peut plus se passer comme ça. Que faut-il faire de plus ? Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de coureurs honnêtes, beaucoup plus que de tricheurs, mais eux aussi payent le prix de tout ça. (Comment un directeur sportif peut-il être sûr à 100% qu’un coureur est propre ?) C’est impossible de le savoir à 100%.» (AFP)