Frank Schleck se pare de jaune

Le Luxembourg n’avait plus eu un porteur de maillot jaune depuis 50 ans. Cette année, déjà 2 représentants de ce pays qui se sont partagés la mythique tunique. Après Kim Kirchen, c’est au tour de Frank Schleck de se l’accaparer. L’étape est quant à elle revenu au baroudeur australien Simon Gerrans.

Malgré les affaires de dopage, on vit un Tour de France au suspens incroyable. Les 3 premiers du classement général se tiennent en effet en 8 petites secondes. La victoire d’étape de cette arrivée inédite à Prato Nevoso en Italie est revenue à un Australien mais pas celui qu’on pense… Simon Gerrans du Crédit Agricole est parti en compagnie d’Egoi Martinez, Danny Pate et José Luis Arrieta avant le pied du Col Agnel qui marquait le passage dans la botte italienne. Ce quatuor prendra très vite un avantage d’un quart d’heure sur un peloton qui voyait Stijn Devolder mettre pied à terre. La descente du col sera marquée par la terrible chute d’Oscar Pereiro Sio qui devra abandonner en raison d’une fracture de la clavicule. Le peloton marqué par l’incident du vainqueur 2006 ralentira et laissera les échappées augmenter leur avantage. C’était désormais certain, ces 4 hommes allaient se disputer la victoire au sommet du Prato Nevoso. Martinez allait être le premier à attaquer faisant craquer Arrieta, mais pas Pate qui avait bluffé tout le monde dans la plaine et Gerrans. Les 3 hommes arriveront ensemble dans le dernier kilomètre et c’est l’australien réputé le plus véloce qui s’imposera.

Mais c’est surtout la lutte pour le maillot jaune qui attirait les regards. Après que Spartacus Cancellara et Voigt aient mené un train d’enfer avant le pied de la dernière montée, c’est Andy Schleck qui faisait exploser le peloton le réduisant à un groupe d’une petite dizaine d’hommes. C’était déjà fini pour les régionaux de l’étape Nibali et Cunego, pour Kirchen et Monfort. Les CSC jouaient la carte Frank Schleck et après le cadet des frères c’était au tour de Sastre d’attaquer. Cadel Evans, qui avait perdu trop tôt dans l’ascension Popovytch, ne semblait pas dans un grand jour. Denis Menchov le sentait et attaquait avant de glisser dans un virage et voir son effort anéanti. A la peine, Evans s’accrochait comme un beau diable mais ne pourra rien lorsque Carlos Sastre s’envolera emmenant dans son sillage Bernhard Kohl, Denis Menchov et un Alejandro Valverde retrouvé. Alors que tout le monde attendait que l’aîné des Schleck dépossède Evans de la tunique jaune, c’est Kohl qui accelérait pour tenter de la subtiliser au nez et à la barbe des CSC. Mais Frank Schleck accélerait dans le dernier kilomètre, provoquant la perte d’un Evans qui se retrouvait dépossédé son bien.

Ce sont donc désormais 3 hommes (F. Schleck, Kohl, Evans) qui se tiennent en 8 petites secondes (Un chiffre maudit pour Laurent Fignon) et ils sont même 6 en moins d’une minute si l’on rajoute Menchov, le stupéfiant Vandevelde et Sastre. Les 2 grosses étapes alpestres qui attendront les prétendants à la victoire après la journée de repos de demain s’annoncent somptueuses.

le classement:

1. Simon Gerrans (AUS/C.A) les 182 km en 4h50′44″.
2. Egoi Martinez (ESP/EUS) à 03″
3. Danny Pate (USA/TSL) à 10″
4. José Luis Arrieta (ESP/AG2) à 55″
5. Bernhard Kohl (AUT/GST) à 4′03″
6. Carlos Sastre (ESP/CSC) m.t
7. Alejandro Valverde (ESP/GCE) à 4′12″
8. Denis Menchov (RUS/RAB) à 4′23″
9. Frank Schleck (LUX/CSC) à 4′41″
10. Christian Vandevelde (USA/TSL) à 4′43″

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ATP - Amersfoort : Montanes use Darcis

Pourtant bien mal embarqué, Albert Montanes a finalement su se montrer patient pour renverser la vapeur et s’imposer dimanche en finale du tournoi d’Amersfoort aux dépens du Belge Steve Darcis, tenant du titre (1-6, 7-5, 6-3). L’Espagnol remporte le premier titre de sa carrière.

Mis sous pression d’entrée de match par un Darcis en pleine réussite, Montanes s’est contenté de laisser passer l’orage. Sa patience sera récompensée puisque dans le deuxième set l’ibère prendra les choses en mains. Il augmentera à 79% son pourcentage de première balle ce qui aura pour conséquence  de voir Steve Darcis céder peu à peu du terrain et réculer dangereusement au fond du court.

Malgré une belle résistance, le Belge, qui a tenté le tout pour le tout pour s’imposer en deux sets, s’inclinera dans le deuxième acte. La troisième manche n’a été ensuite qu’une formalité pour Montanes, qui a su profiter de la maladresse et de la fatigue du jeune joueur belge.

Hamilton s’impose en Allemagne

Lewis Hamilton (McLaren) a remporté aujourd’hui sa deuxième victoire d’affilée lors du 10e Grand Prix de la saison. Ce qui lui permet de prendre la tête du championnat du monde. Il devance sur le podium l’étonnant Nelson Piquet Jr et Felipe Massa.

Le premier fait marquant de la course se situe à la moitié de la course, au 36e tour: Timmo Glock percutait le mur des stands, sa voiture a explosé mais lui en sortait debout, bien qu’en titubant. Conséquence, la voiture de sécurité sortait pour quelques tours ce qui permettait à tout le peloton de ravitailler sauf Lewis Hamilton qui le fera plus tard. Mais avec toutes ses voitures, c’était un peu le bazard. Et à la sortie des stands, le moteur de la Red Bull de Mark Weber explose! Après le retrait de la voiture de sécurité, Heidfeld et Piquet sont 2e et 3e! Lewis Hamilton décidait alors de ravitailler et reprit sa position de leader après quelques dépassements et ne la lachait plus! Victoire de Lewis Hamilton devant Nelson Piquet et Felipe Massa.

Au championnat du monde, Lewis Hamilton compte 58 points, 4 de plus que Felipe Massa. Au classement par équipe, Ferrari est toujours leader.

T. de France: Cavendish, Devolder et Pereiro quittent l’épreuve

La première étape alpestre de ce Tour 2008 a déjà été marquée par 3 abandons majeurs.

Le britannique Mark Cavendish, vainqueur de 4 étapes cette année, n’a pas pris le départ ce matin à Embrun. Il s’est dit fatigué par les deux premières semaines de course. Agé de 23 ans, Cavendish se consacrera désormais aux Jeux Olympiques sur piste. Il est champion du monde en titre de la course américaine. A Pékin, il aura pour équipier Bradley Wiggins.

Le col d’Agnel, première difficulté de cette 15eme étape, aura vu Stijn Devolder mettre pied à terre. C’est une grosse désillusion pour l’ancien champion de Belgique qui était arrivé sur les routes françaises avec des ambitions de Top 10. Septième du général avant l’étape d’Hautacam, le lauréat du Ronde avait connu une véritable défaillance ce jour là et perdu toute ambition au classement général. 26eme du général ce matin, on pensait qu’il aurait tout miser sur une éventuelle victoire d’étape. Devolder qui a déjà renoncé à sa sélection pour les J.O de Pékin devra redéfinir ses ambitions l’an prochain. Car cumuler classiques printanières et courses à étapes ne semble pas dans ses cordes.

L’abandon d’Oscar Pereiro Sio a été beaucoup plus spectaculaire. Le vainqueur 2006 a lourdement chuté dans la descente du col Agnel. Il a tapé sa roue avant dans la rail de sécurité avant de passer au dessus de celui-ci et de retomber sur la route 5 mètres en contrebas. Toute son équipe Caisse d’Epargne y compris Alejandro Valverde s’est arrêtée pour prendre de ses nouvelles. Oscar Pereiro souffrirait entre autres maux d’une fracture à la clavicule gauche. Le peloton fort choqué par la violence de l’incident a aussi fortement baissé son allure.

Les Diables ont repris du service

L’équipe nationale de rugby est en ce moment en Argentine pour y disputer une tournée de trois matchs en une dizaine de jours. Les Diables se sont envolés mercredi en direction de Salta. Les gens sont rarement prophètes en leur pays, puisqu’en Belgique ils n’ont presque pas de feedback médiatique alors qu’en Argentine, la presse et le public étaient présents en nombre avec des directs télévisés et double page dans le journal. L’équipe n’a pas attendu longtemps avant d’enfiler les crampons et a déjà joué un premier match hier. Malheureusement, mauvaise entrée en matière des Belges puisqu’ils se sont inclinés 26-0 face à MT Salta malgré une bonne fin de match, les Belges n’ont inscrit aucun essai.

Equipe:
1. Jimmy Mulumba (Metro Racing) - 2. Thomas Dienst (Lyon) - 3. Christophe Debaty (Domont) - 4. Mathieu Verschelden (Asub) - 5. Pierre Hendrickx (Boitsfort) - 6. Andrew Neill (Valence d’Agen) - 7. Bertrand Billi (Soignies) - 8. Pierre Plasman (Boitsfort) - 9. Julien Berger (Kituro) - 10. Kevin Williams (Seapoint) - 11. Daniel Nkwasina (Kituro) - 12. Thibaut Andre (Lille) - 13. Baptiste Tellechea (Roc) - 14. David Nemsadze (Domont) - 15. Alan Williams (Castres)

Remplaçants: 16. Norman Wende (Vannes); 17. Cyril Nana (Lille); 18. Damien Godefroy (Lille); 19. Charlie Fourneau (Lille); 20 Sébastien Guns (Roc); 21. Aurélien Decerf (Arras); 22. Frederic Rongé (Asub); 23. Georges Mc Lachlan (Dendermonde); 24. Simon Marote (Arras).

Matchs encore à jouer:
22 juillet (14h30) : Union Entrerriana de Rugby - Belgique
25 juillet - 15h30 : Union de Rugby de Mar Del Plata - Belgique

Le double visage de Marc Madiot

Adepte du franc parler, Marc Madiot apparait pour beaucoup de personnes suivant le Tour de France comme un chevalier blanc de la lutte contre le dopage. Ses positions fortes et sans compromis contres les tricheurs l’ont rendu populaire auprès d’une grande majorité des gens. Pourtant le directeur sportif de la Française des jeux n’a pas toujours adopté la même attitude…

« Vous n’avez pas à filmer ces gens là. », « Il ne faut pas avoir de pitié avec les gens qui trichent. », « Dehors ! Toutes les années, il y a un discours, il y a des règles du jeu. On ne va pas s’appesantir sur un mec qui se fait attraper. Dehors les tricheurs !».

Voici un petit florilège des déclarations les moins tendres du directeur sportif Marc Madiot vis-à-vis du dopage. Patron de l’équipe La Française des Jeux depuis 1997, l’ancien coureur cycliste originaire de Mayenne a toujours été fidèle à sa philosophie de former son équipe de jeunes talents français ou étrangers et de les encadrer de capitaines de route expérimentés. Madiot s’est ainsi entouré de fidèles serviteurs comme Jacky Durand, Christophe Mengin et Frédéric Guesdon pour qu’ils transmettent leur science de la course aux prometteurs Philippe Gilbert, Thomas Lövkvist, Rémy Di Grégorio ou Sandy Casar. Et si cela ne marche pas toujours en termes de résultats sur les grandes courses du calendrier, l’ancien double vainqueur de Paris-Roubaix n’en a cure. Il donne sa chance aux jeunes, leur apprend le métier et surtout leur inculque les valeurs du sport propre. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Marc Madiot réussit à tromper tout le monde. L’homme apparaît aux yeux du grand public qui ne suit pas le vélo assidument comme un véritable inquisiteur du dopage prêt à tout pour débarrasser son sport de ceux qui le salissent depuis dix ans.

Pourtant, le patron de la Française des Jeux n’a pas toujours tenu le même discours et pour paraphraser Christian Prudhomme à propos de Mauro Gianetti, ne semble pas plus qu’un autre un parangon de vertu. En 2006, en réaction au contrôle positif de Floyd Landis, le mayennais avait déclaré ceci : « Est-ce qu’il faut encore réagir à toutes ces histoires ? Est-ce que ça sert encore à quelque chose ? C’est catastrophique. ». Dix-huit ans plus tôt dans la même situation mais avec Pedro Delgado dans le rôle du lauréat coincé la main dans le sac, il répondait ceci aux journalistes. « Je ne pense pas que dans l’ensemble le peloton va condamner l’attitude de Delgado parce que ce qui arrive à Delgado peut arriver à beaucoup de coureurs. ».

Et la liste des incohérences dans son discours est encore longue. A propos de l’affaire PDM frappant le Tour de France 1991, Madiot déclarait ceci dans le journal l’Equipe. (…) Je n’admettrai jamais que la suspicion s’installe, comme ici dans le Tour, quand il n’y a pas de preuve. (…) On ne peut pas mettre en doute les qualités morales de Sean Kelly et de Eric Breukink qui, jusqu’à preuve du contraire, n’ont jamais été contrôlés positifs.” Alors qu’il prononce ces paroles, le champion irlandais avait été contrôlé positif à deux reprises…

Mais, il ne faut surtout pas oublier que lors de la tourmente Festina d’il y a 10 ans, la Française des Jeux et son directeur sportif seront aussi inquiétés. Lors de l’instruction du procès Festina, Erwann Menthéour déclarait aux policiers : “l’EPO était entreposée dans le réfrigérateur de l’équipe (…) auquel avait accès Madiot. Lors du procès, il ajoute que son patron lui aurait déclaré : “Tu fais ce que tu veux, mais si tu es contrôlé positif, je ne suis plus là.” Un ancien coureur amateur Stéphane Guénée l’accuse aussi de l’avoir initié au fameux Pot Belge au cours d’une soirée. Marc Madiot n’a pas non plus été tendre avec Christophe Bassons, ce coureur affirmé clean qui fit l’objet d’une vendetta de la part du peloton en 1999. ” Désolé, il n’y a pas que lui de propre dans le peloton. (…) Mais eux parlent quand c’est l’heure et travaillent quand c’est l’heure (…). D’ailleurs, je ne veux plus en parler.

Bref, on est bien loin de l’image d’Epinal de l’homme révolté contre les tricheurs qui salissent son sport. Il avait déjà avoué pendant sa carrière avoir consommé des “produits interdits” pendant les criteriums d’après Tour. Mais surtout, tant comme coureur que comme patron d’équipe, Marc Madiot a fréquenté des individus à la réputation aussi sulfureuse que Riccardo Ricco. Comme équipiers, on citera entre autres Bernard Hinault (qui refusera de se soumettre à un contrôle), Laurent Fignon (actuellement commentateur sur France 2 et contrôlé positif aux amphétamines en 1987), Eric Boyer (l’actuel patron de Cofidis avait un faible pour les corticoïdes) ou Uwe Ampler (chez Telekom).

Le nom de la formation allemande dont les pratiques de dopage ont été mises au grand jour avec les aveux d’anciens coureurs comme Bjarne Riis, Udo Bölts ou Erik Zabel revient comme une vilaine épine dans le pied de Madiot. On rappellera que celui-ci avait engagé en 1997, le fameux soigneur belge Jeff D’Hont qui avait révélé au grand jour l’utilisation d’EPO au sein de la Telekom. C’est d’ailleurs là que les 2 hommes se sont connus…

Et ce n’est pas tout, Madiot le Zorro du dopage, a employé au sein de sa belle formation symbole du cylisme propre, des gars ayant été coincé la seringue dans les veines. Emmanuel Magnien, contrôlé positif en 2000 aux corticoïdes, a malgré tout garder son emploi chez notre grand moralisateur jusqu’à la fin de sa carrière. Mais le plus cocasse est à venir, Mauro Gianetti, l’actuel très controversé manager de Saunier Duval, a frôlé la mort alors qu’il courait pour l’équipe française. Il aurait utilisé du PFC, un transporteur d’oxygène qui ne modifie pas l’hématocrite… Voilà qui prête vraiment à sourire quand on entend la position du patron de Philippe Gilbert sur l’affaire concernant le team de Riccardo Ricco.

Tout ceci donne bel et bien l’impression que l’on nous prend vraiment bien pour des cons en nous faisant croire que des gars au passé plus que trouble comme Marc Madiot sont les nouveaux guides du cyclisme propre. Le patron de la Française des Jeux a miraculeusement échappé à des sanctions lors du Procès Festina alors qu’il était selon l’avis de beaucoup, loin d’être blanc sur neige. Mais le pire, c’est que notre homme a été décoré de la légion d’honneur par le Ministre de la Jeunesse et du Sport… et se permet de donner des leçons à des individus n’ayant pas les mains plus sales que lui. Si le dopage n’a pas disparu dans le cyclisme, on peut être sûr que l’hypocrisie encore moins…

Freire consolide son maillot vert

Les sprinteurs se sont livrés bataille une dernière fois avant les Alpes. En l’absence de Cavendish lâché dans la dernière bosse de la journée, c’est Oscar Freire qui s’est imposé à Dignes-Les-Bains. Avec cette victoire, l’espagnol prend aussi une belle option pour ramener le maillot vert à Paris.

Avant de s’attaquer au copieux menu alpestre, le peloton avait le choix entre offrir une étape à un groupe de baroudeurs ou laisser les routiers sprinteurs en découdre une dernière fois avant Paris. C’est finalement la seconde possibilité qui fut choisie. Oscar Freire, porteur du maillot vert s’est donc imposé aujourd’hui à Digne-Les-Bains. L’espagnol a t-il donc réalisé l’exploit de battre Mark Cavendish ? Pas tout à fait. Une petite bosse placée à 10 km du but, a eu raison de plusieurs routiers-sprinters dont le quadruple vainqueur d’étapes sur ce Tour. C’est donc au sein d’un peloton amputé d’une bonne moitié de ses survivants qu’Oscar Freire a réalisé le sprint parfait. On a cru un moment que Good old Erik Zabel s’offrirait cette victoire d’étape après laquelle il court depuis quelques années. Mais l’Allemand a finalement été nettement débordé par celui qui fut, déjà, sacré à trois reprises champion du monde et qui compte aussi, entre autres, des succès dans Milan-Sanremo à son superbe palmarès.

Sur un parcours sinueux et en léger faux plat, Stijn Devolder avait été le premier à lancer la bagarre. Vingt coureurs s’étaient dégagés dans le sillage du courtraisien et ce groupe a lutté près de 50 km face au peloton qui, prudent, n’a pas laissé de bon de sortie à un tel groupe. Disputée à rythme effréné, la première heure de course, a vu les coureurs parcourir plus de 52 kilomètres. Finalement, seuls quatre coureurs ont eu l’occasion de prolonger cette offensive : Bram Tankink, Sandy Casar, William Bonnet et Jose Ivan Gutierrez. Le peloton est resté néanmoins attentif n’autorisant pas les fuyards à prendre plus de six minutes. À 26 km de l’arrivée, Gutierrez a distancé ses compagnons d’échappée pour tenter d’offrir une troisième victoire d’étape à sa formation Caisse d’Épargne. L’espagnol rattrapé, les accélérations ont fusé dans la dernière bosse du jour dont le sommet était situé à 9,5 km de l’arrivée. Elles ont provoqué un écrémage important au sein d’un peloton qui a perdu entre autres le surpuissant sprinteur Cavendish. En tête du premier groupe, c’est donc Oscar Freire qui s’est montré le plus rapide à Digne. Cadel Evans conserve son maillot de leader avant l’étape de demain qui mènera les coureurs au sommet de la montée inédite de Prato Nevoso en Italie.

Barloworld stoppe le sponsoring

Dans la journée, on a aussi appris que la société Barloworld se retirerait des pelotons dès la fin du Tour de France, en raison du dopage avéré de son coureur Moises Duenas. Une très mauvaise nouvelle pour Juan Mauricio Soler et ses équipiers.

le classement:

1. Oscar Freire (ESP/RAB) les 194,5 km en 4h13′08″.
2. Léonardo Duque (COL/COF) m.t
3. Erik Zabel (GER/MRM) m.t
4. Julian Dean (NZL/TSL) m.t
5. Steven De Jongh (PBS/QSI) m.t
6. Alessandro Ballan (ITA/LAM) m.t
7. Ruben Perez (ESP/EUS) m.t
8. Jérôme Pineau (FRA/BGT) m.t
9. Matteo Tosatto (ITA/QSI) m.t
10. Thor Hushovd (NOR/C.A) m.t

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Carton rouge au COIB

Trois semaines… trois semaines nous séparent de l’ouverture des Jeux Olympiques. Il y a deux semcarton-rougeaines, il y avait débat pour savoir qui représentera la Belgique à Pékin, finalement le gouvernement s’est mis d’accord (ouf, on a évité la crise!). Et en Belgique, on se réjouit d’avoir deux sports collectifs présents en Chine (football, Hockey). Deux sports collectifs qui du coup augmentent le nombre de Belges qui paraderont sur le pelouse du “Nid d’oiseau” de Pékin (pour l’instant à un peu plus de 80). 

Et pourtant, le nombre aurait encore pu être plus grand. Mais non faute de minima… belges, beaucoup de sportifs belges resteront sur le carreau bien qu’ayant satisfait aux minima internationaux! Et les exemples d’athlètes belges non sélectionnés à cause des minima belges sont légion: en natation, Elyse Buys qui à 19 ans est passé à côté de la qualification pour 9 centièmes. En athlétisme… c’est encore plus risible, quand on sait que même les minima français sont plus “souples” que les minima belges. Ce qui fait que les frères Borlée ne sont pas (encore?) qualifiés en simple mais bien pour le relais, Adrien Deghelt risque de passer à côté aussi. Des jeunes pour qui cette expérience aurait pu être bénéfique pour 2012, leur objectif!

Le plus bel exemple de ces critères trop sévères, c’est en tennis: la paire Darcis/Rochus. Chacun a fait une excellente saison en simple. Darcis (59e) a gagné le tournoi de Memphis en battant Soderling en finale et en double a quand même atteint les quarts de finale à Roland Garros cette saison (avec Olivier Rochus - 74e). Mais non les deux joueurs belges ne seront pas présents! Le COIB ne les a pas sélectionnés alors qu’ils ont le feu vert du CIO. Selon le COIB, ils auraient dû remporter un master ou atteindre deux finales en grand chelem. D’ailleurs cette non sélection empêche les deux joueurs de glaner des points ATP.

Les raisons du COIB pour avoir des critères aussi sévères? Avoir une délégation compétitive pour Pékin! Ah bon?! Et donc en 2004, on était compétitif avec la délégation?! Et pourtant que trois petites médailles… nan c’est clair, ça marche! Ne changeons rien! Quand Christophe Rochus avait aussi le feu vert du CIO pour les jeux, le COIB lui a rétorqué: “Tu as des chances de gagner?”. Evidemment que sur le papier à ce moment-là, il n’aurait pas pu gagner! Et donc Christophe à la trappe. wouterdhaene Très intelligent je dis!

Ces critères agacent tellement les athlètes que Wouter d’Haene a décidé d’attaquer le COIB en référé pour obtenir sa qualification! L’affaire sera jugée finalement le 22 juillet. Kayakiste de son état. Le gars a terminé 7e au championnat d’Europe (course K1 1000m)… suffisant pour le CIO. Pas assez pour le COIB pour qui il devait terminer 6e au minimum. Lui qui à Athènes a terminé 5e de la course K2 1000m. Le COIB s’est défendu aujourd’hui et a déclaré que de toute façon D’haene ne pourra pas aller aux JO: “La Belgique avait quatre places pour l’aviron et le kayak et seulement deux athlètes ont rempli les critères. Les deux autres places sont retournées à la fédération internationale de kayak et elle les a distribué à Israël et au Portugal. Même si le COIB l’inscrivait, il n’y a plus de place pour D’Haene aux Jeux“. Y a t-il un commentaire à faire?
 Quant à Olivier Rochus, on sent l’amertume, la colère dans la voix n’hésitant pas à qualifier le COIB d’incompétent.

On se consolera par la présence d’un halterophile belge, Tom Goegebuer (dont à mon avis personne n’avait entendu parler), qui a été invité par sa fédération à se rendre à Pékin suite à la disqualification d’un Bulgare pour dopage. Et qui donc au départ n’était pas sélectionné! Ou alors encore l’imbroglio avec Jean-Michel Saive.

Jeux olympiques chers à Coubertin dont l’important était de participer… Pour la Belgique, on dira que l’important c’est de gagner! Le ridicule ne tue pas parait-il!

Cavendish persiste et signe

Cette étape entre Narbonne et Nîmes se sera une nouvelle fois conclue par un sprint massif. Et comme à chaque fois depuis le début de ce Tour, c’est Mark Cavendish qui a dicté sa loi. C’est la 4eme victoire d’étape sur ce Tour pour le jeune britannique de 23 ans.

Pour la première fois depuis quelques jours, on a pu parler sport sur ce Tour de France. Si l’on excepte la nouvelle du licenciement de Piepoli et Ricco, cette journée aura vu la compétition reprendre ses droits. Pour ne pas changer du déroulement classique des étapes plaines, une échappée matinale semblant vouée à l’échec s’était formée. L’ancien champion de France Florent Brard (Cofidis) et le néérlandais Niki Terpstra (Milram) partaient en ballade montrer le maillot. Ils compteront jusqu’à 9′55″, le temps pour eux de se remplir les poches avec les primes distribuées aux sommets des 3 côtes du jour et au passage des 2 sprints intermédiaires. A moins de 30 km de l’arrivée Flecha démarre en compagnie d’un équipier de Brard, Stéphane Augé. L’espagnol se relèvera après le dernier sprint intermédiaire tandis que le français poursuivra son effort pour rejoindre les 2 échappés matinaux. Sentant le danger venir avec une éventuelle présence de 2 Cofidis à ses côtés, Terpstra lâchait Brard pour tenter de conclure seul. Mais la fatigue et le vent 3/4 face auront vite raison de la volonté du néerlandais, qui sera englouti par le peloton à 10km de l’arrivée. Et malgré une tentative légère de Stef Clement et une plus sérieuse de Sylvain Chavanel, les 600 derniers mètres de l’avenue Jean-Jaurès allaient voir une nouvelle explication entre les funambules du peloton. Si Robbie Mc Ewen effectuera son meilleur sprint depuis le départ, cela ne suffira pas à empêcher Mark Cavendish de glaner son 4eme succès d’étape. Un Cavendish puissance 4, capable d’une 2eme accélération aux 200 mètres,et qui n’a sur ce Tour aucun rival.

le classement:

1. Mark Cavendish (GBR/THR) les 182 km en 4h25′42″.
2. Robbie Mc Ewen (AUS/SIL) m.t
3. Romain Feillu (FRA/AGT) m.t
4. Heinrich Haussler (GER/GST) m.t
5. Oscar Freire (ESP/RAB) m.t
6. Thor Hushovd (NOR/C.A) m.t
7.Léonardo Duque (COL/COF) m.t
8. Erik Zabel (GER/MRM) m.t
9. Julian Dean (NZL/TSL) m.t
10. Sébastien Chavanel (FRA/FDJ) m.t

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Saunier Duval vire Ricco et…Piepoli

L’équipe Saunier Duval a annoncé vendredi le licenciement des coureurs italiens Riccardo Ricco et Leonardo Piepoli pour violation du «code éthique» de l’équipe. Si le licenciement du Cobra semble logique au vu de son contrôle positif à la CERA, celui de Piepoli à propos duquel les organisateurs du Tour de France n’ont toujours rien annoncé au sujet d’un éventuel dopage peut en revanche surprendre. On sait que de grands doutes peuvent peser sur le vainqueur de l’étape d’Hautacam puisqu’il est le compagnon de chambrée et ami de Ricco. On peut aussi s’étonner que la formation espagnole licencie le Cobra alors que les résultats de la contre-expertise ne sont pas encore connus.

Le porte-parole de l’équipe, David Garcia, a déclaré que le manager sportif Mauro Gianetti «avait perdu toute confiance dans ces deux coureurs et que l’équipe est totalement étrangère aux pratiques dopantes».

L’équipe Saunier Duval est en pleine crise depuis hier. Elle avait décidé de marquer le coup en se retirant dans entièreté après l’annonce du contrôle positif de Riccardo Ricco. Le directeur sportif Josean Matxin Fernandez allait plus loin en annoncant la «suspension provisoire» de l’activité de la formation sur toutes les épreuves dans lesquelles elle était engagée. Le temps de faire toute la lumière sur les raisons de ce contrôle positif.

Ce matin le directeur général de Saunier Duval, Thierry Leroy, avouait à RTL qu’il réfléchissait sérieusement «à sortir du sponsoring cycliste». Le dirigeant, partagé entre «la déception et la colère», s’est dit prêt à porter l’affaire devant la justice si le dopage organisé au sein de l’équipe était avéré.

Hier soir, le directeur de la Grande Boucle Christian Prudhomme avait sévèrement mis en cause le Suisse Mauro Gianetti, manager de l’équipe , dont il a le sentiment que ce n’était «pas un parangon de vertu». Il a ajouté qu’en revanche, «pour le sponsor c’est dramatique, ce sont les premiers à avoir été trompés». Interrogé sur l’hypothèse d’un dopage organisé au sein de Saunier Duval, Prudhomme avait souligné: «Je ne sais pas, je dis simplement que (…) j’ai trouvé la supériorité des deux coureurs (Piepoli et Cobo) écrasante à Hautacam, ça c’est sûr.»

Ricco se dit innocent !

UPDATE: L’italien de 24 ans a en tout cas déjà été a été mis en examen vendredi pour «utilisation de substance classée vénéneuse» par Antoine Leroy, le procureur de la République de Foix. «Ricco est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec d’autres membres de l’équipe.» Face au procureur, Ricco a persisté à jouer l’innocent, réaffirmant ses propos face aux gendarmes. «Le coureur conteste fermement avoir utilisé de l’EPO et ne donne aucune explication sur le fait que de l’EPO ait été trouvée dans son urine le 8 juillet, a relaté Antoine Leroy. «Il conteste avoir pris cette substance ou toute autre substance interdite en France et par conséquent il conteste les faits qui lui sont reprochés.»

J.O : Stijn Devolder renonce

L’ancien champion de Belgique Stijn Devolder ne fera pas partie de la délégation olympique belge qui s’envolera pour Pékin. Le coureur Quick.Step vient de renoncer aux Jeux.

Nouveau un coup dur pour la délégation belge aux J.O. de Pékin. Après Philippe Gilbert qui avait déclaré forfait le 27 mai pour mieux se consacrer aux championnats du Monde c’est au tour ldu vainqueur du dernier Tour des Flandres Stijn Devolder (Quick Step) de rester en Belgique. “C’était une décision difficile et douloureuse“, a-t-il commenté. “On ne renonce pas avec plaisir à une épreuve aussi importante. Mais j’ai déjà énormément couru cette année, en donnant toujours le maximum. Maintenant je suis physiquement et mentalement au bout du rouleau“.

Actuellement, Stijn Devolder se trouve sur les routes du Tour de France. Après une défaillance dans la dixième étape vers Hautacam, il perd sa 7ème place au général et quasi toutes ses ambitions de top 10 final.

Deux jours après la fin de la Grande Boucle, Stijn Devolder sera au Critérium de Dixmude. Il se reposera ensuite en famille avant de revenir le 20 août au départ du Tour Eneco. « C’est là que débutera en effet ma préparation pour le Mondial sur route. C’est une course qui compte énormément pour moi, et où je veux m’aligner au top de ma condition » explique l’ancien champion de Belgique.

Le coach fédéral Carlo Bomans va devoir désigner un remplaçant pour la course olympique. Il devrait trancher entre Mario Aerts (Silence-Lotto) et Frederik Willems. L’heureux élu épaulera  Christophe Brandt, Maxime Monfort, Jurgen Van den Broeck et Johan Vansummeren sur le parcours Pékinois.

La fin des a Ricco

A 24 ans, l’enfant terrible du cyclisme italien Riccardo Ricco présentait toutes les qualités requises pour devenir dans les années a venir, une légende du peloton tout comme l’idole de sa jeunesse, Marco Pantani. Mais sa fascination pour le Pirate l’a semble t-il mené aux mêmes dérives. Ricco est tombé aussi vite qu’il était arrivé au sommet.

Parfois, je ferais mieux de réfléchir avant de parler, avait-il reconnu, mais je ne veux pas me brimer, c’est aussi l’instinct qui me rend fort sur la route.

Riccardo Ricco est un personnage à part dans la petite reine. Là où son coéquipier et ami Léonardo Piepoli joue plutôt le clown blanc, le gentil, le Cobra, lui, campe l’auguste, la teigne. Cette arrogance ne lui avait pas permis de se faire que des amis dans le peloton, mais Riccardo s’en foutait, il était le meilleur et allait le prouver.

Son rêve, son existence était basée sur cette volonté de ressusciter le mythe de son idole Marco Pantani dont il gardait précieusement un autographe depuis ses 14 ans. On ne peut pas reprocher au jeune italien d’avoir eu un tel modèle. Pantani a fasciné des milliers de gens qui voyait en lui, l’homme capable de décider de l’issue d’une étape de montagne. Ses envolées aériennes avaient quelque chose de magique, son charisme d’écorché vif était touchant. Le Pirate incarnait une sorte de héros des temps modernes. Flamboyant et divin dès que les pentes s’élevaient et tellement humain dans sa déchéance. Sa mort tragique, abandonné de tous, alors qu’il avait suscité tant de ferveur, l’a fait rentrer dans la légende. Marco Pantani n’était pas comme le disent certains moralisateurs hypocrites du vélo un simple tricheur, un dopé. Il était surtout la victime et le symbole des excès de nos sociétés modernes qui cultivent la célébrité facile, et l’obtention de résultats par tous les moyens, comme des valeurs nobles. Le Pirate de Cesena devait servir d’exemple pour que la nouvelle génération ne tombe pas dans les mêmes pièges, mais Riccardo Ricco ne l’a pas compris.

Il a préféré le calquer. Son démarrage fulgurant, sa facilité au plus fort de la pente et son sens du défi établissaient une filiation évidente avec Pantani. Ricco devenait aussi celui qui semait le désordre parmi les prétendants à la victoire. Celui qui tenait le destin d’une étape de montagne à la force de son coup de pédale. Sûr de lui, il prédisait le scénario des courses comme lors de cette étape vers Hautacam revenue à son fidèle gregario Piepoli. Le Cobra apportait du charisme et de la fraîcheur à un sport en manque de grosse personnalité depuis le départ à la retraite de Lance Armstrong.

Sa fascination à la limite de l’obsession pour le Pirate l’avait poussé à s’établir sur le littoral de Romagne afin d’aller s’entraîner sur les mêmes routes que son idole. Pour son malheur, il a suivi aussi son aîné sur les mêmes chemins hors-la-loi. A Madonna di Campiglio, le Pirate avait quitté le Giro 1999 par une portière dérobée à cause d’un hématocrite hors norme conséquence d’une utilisation d’EPO. Mais ce produit semblait avoir disparu avec cette génération Pantani qui fascinait tant Riccardo Ricco. Le Cobra avait déjà failli être écarté du peloton professionnel avant même de le rejoindre. Rejeté des sélections nationales à cause d’un hématocrite élevé, il avait dû se soumettre à une batterie d’examens afin d’obtenir un certificat attestant que ce taux était naturel. Il du d’ailleurs attendre l’âge de 22 ans pour pouvoir signer son premier contrat pro avec Saunier Duval. La suite de l’histoire on la connaît. Une EPO de 3eme génération retrouvée dans son venin et une chute aussi rapide que son ascension de l’Aspin.

Riccardo Ricco qui incarne cette nouvelle génération qu’on espérait propre a surtout été victime de sa folie de la gloire. Isolé au sein d’un peloton ne supportant ni ses provocations, ni sa réputation sulfureuse, il avait depuis longtemps perdu le sens de la réalité et s’est cru invincible comme tant d’autres avant lui. Mais les applaudissements et les tifosi ont fait place aux sifflets et aux gendarmes. Le Cobra est redescendu de son nuage et risque bien de se retrouver abandonné dès que le feu des projecteurs se sera éteint sur lui. En espérant pour lui que son adoration pour Marco Pantani ne se termine pas non plus avec une overdose de cocaïne dans une chambre d’hôtel minable de Rimini.

CERA mode d’emploi

Riccardo Ricco a été contrôlé positif à l’EPO. Mais elle n’est pas la même que celle de première génération retrouvée dans les urines de Manuel Beltran et Moises Duenas. L’EPO du Cobra est de la 3eme génération et est appelée CERA. Explications.

Tous les amateurs de cyclisme le savent depuis l’affaire Festina, l’érythropoïétine (EPO) favorise la fabrication de globules rouges et facilite l’oxygénation des muscles. Le produit pris à l’époque par la bande à Richard Virenque était de la première génération. En 10 ans, le produit a évolué et des versions améliorées sont arrivées sur le marché.

La CERA, retrouvée dans les urines de Riccardo Ricco est une forme retard d’érythropoïétine (EPO) conçue pour améliorer le confort des malades mais dont la durée de vie dans l’organisme est piégeuse pour les tricheurs.

Mise sur le marché en 2007 aux Etats-Unis et en 2008 en Europe, la CERA (pour Continuous Erythropoietin Receptor Activator) est une EPO recombinante de synthèse de type bêta (Recormon), commercialisée elle depuis 1990, sur laquelle a été greffée une grosse molécule de polyéthylène glycol (PGE) permettant à la molécule active de rallonger son activité biologique, d’où sa qualification d’EPO retard.

Alors qu’une EPO normale dite de 1ere génération nécessite une injection deux à trois fois par semaine, une par mois suffit avec la CERA car la grosse molécule de PGE est moins vite éliminée.

Initialement, la CERA a été développée pour éviter aux malades souffrants d’insuffisance rénale ou d’anémie de subir de trop fréquentes injections d’EPO nécessaires à leur traitement. Mais on a vite suspecté les sportifs de la détourner pour les mêmes raisons et également à cause des doutes sur sa “détectabilité”.

En théorie repérable pendant un mois et demi après injection, la CERA a en effet la réputation de ne pas passer dans les urines, notamment en raison de la taille de la molécule de PGE. Une idée confortée par l’absence de contrôles positifs à cette substance. Jusqu’à celui de Riccardo Ricco.

Une autre forme retard d’EPO a connu le même succès supposé avant d’être elle aussi détectée par un laboratoire antidopage et de disparaître du coup définitivement des pharmacies des sportifs. Il s’agissait à l’époque de l’Aranesp ou darbopoïétine, retrouvée lors des jeux Olympiques d’hiver de Salt Lake dans les échantillons urinaires de trois skieurs de fonds éphémères médaillés d’or, les Russes Larissa Lazutina et Olga Danilova et l’Espagnol Johann Muehlegg.

Le hat trick pour Cavendish

Le peloton s’est retrouvé stupéfait au départ de Lavelanet. Entre dépit et colère. Riccardo Ricco annoncé positif peu avant le départ et c’est la cohue des journalistes et des CRS qui s’emballe. Après le départ de son Cobra par une porte dérobée sous les sifflets du public, c’est toute l’équipe Saunier-Duval qui l’a suivi. Joxean Fernandez, le patron de l’équipe espagnole, les yeux rouges derrière ses lunettes de soleil, justifiait sa décision de quitter le Tour et la compétition. « Une question de responsabilité et d’image », explique-t-il. « C’est une situation hors normes, grave. Nous ne pouvons pas nous cacher face aux organisateurs du Tour de France, face à la presse : ce n’est pas un coureur quelconque qui a été attrapé. C’est notre leader, c’est un coureur qui a gagné deux étapes, qui était bien placé au classement général. Le plus juste pour le Tour et pour l’image du cyclisme, c’est de savoir ce qui s’est passé et pourquoi. Pour que la situation ne se reproduise plus ».

Mais la course a continué malgré tout avec la traditionnelle échappée du jour animée Samuel Dumoulin et Arnaud Gérard dès le kilomètre 36. Malgré leur bonne volonté et le renfort de l’Espagnol Juan José Oroz au bout de 70 kilomètres, ils n’ont offert quasi aucun suspense, avec un peloton qui les a toujours tenu à portée de fusil en ne permettant pas à l’écart d’excéder 3′20”. Inéluctable, le sprint massif a eu lieu. Il fut limpide et prévisible dans son déroulement : le train Quickstep qui déraille d’un côté, la chenille verte du Crédit Agricole qui se perd de l’autre et Mark Cavendish qui jaillit tout seul au milieu de ce beau monde à 150 mètres de la ligne pour s’imposer une 3eme fois dans ce Tour. Il devance Sébastien Chavanel et Gert Steegmans. Le citoyen de l’île de Man est bien la nouvelle star des 200 derniers mètres et montait sur un podium, ou deux autres coureurs volés d’un succès par un Cobra venimeux n’auront pas eu l’occasion de se rendre.

le classement:

1. Mark Cavendish (GBR/THR) les 168,5 km en 3h40′52″.
2. Sébastien Chavanel (FRA/FDJ) m.t
3. Gert Steegmans (BEL/QSI) m.t
4. Erik Zabel (GER/MRM) m.t
5. Oscar Freire (ESP/RAB) m.t
6. Fransesco Chicchi (ITA/LIQ) m.t
7. Thor Hushovd (NOR/C.A) m.t
8. Léonardo Duque (COL/COF) m.t
9. Julian Dean (NZL/TSL) m.t
10. Heinrich Haussler (GER/GST) m.t

Suite…

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Ricco positif : Les réactions

L’affaire du jour a fait réagir au sein de la caravane. Et comme vous pouvez le constater, Riccardo Ricco était loin de faire l’unanimité.

Cadel Evans (AUS, Silence), maillot jaune: «Je suis désolé pour l’image de notre sport mais, au moins, cela veut dire que les contrôles marchent et marchent bien. Il suffit de voir les gens au bord de la route pour voir que la passion pour le cyclisme est toujours là. Les contrôles sont plus poussés dans notre sport qu’ailleurs. C’est injuste car notre sport est crucifié alors qu’il fait les bonnes choses. Les institutions essaient de nettoyer, de faire les bonnes choses mais pourtant, elles sont critiquées. Que faut-il faire alors ? Pour ma part, je suis habitué à être contrôlé, j’y passe tous les jours.»

Vincent Lavenu (manageur d’AG2R): «Chez les directeurs sportifs, nous sommes nombreux à croire en l’avenir de notre sport. C’est cette peur du gendarme qui fera que les coureurs arrêteront de tricher. Ricco était quelqu’un de très controversé. Les coureurs ne sont pas des naïfs, ils se posent souvent des questions sur certains exploits.» (AFP)

Eric Boyer (manager de Cofidis): « Ce qui est dommage, c’est que certains coureurs ne sachent pas faire du vélo autrement (qu’en se dopant). On a encore des types qui n’ont pas de conscience, qui pensent être plus forts que les autres, qui sont arrogants. Tout ça me navre. Il ne faut plus qu’ils reviennent, qu’ils soient dans le peloton. Ils n’ont plus le droit de pratiquer le métier de coureur cycliste qu’ils ont sali au plus haut point. C’est le troisième cas, et j’espère qu’il n’y en aura pas plus”En même temps, ce n’est pas beaucoup par rapport à 180 (coureurs). On voit bien que c’est une toute petite minorité, une petite poche. (à propos de Ricco) Quand on a gagné deux étapes sur le Tour, quand l’on est un leader, un coureur emblématique des futures années, on a la responsabilité de l’image véhiculée, des espoirs fondés notamment au niveau de cyclisme italien. C’est de l’inconscience !»

Stuart O’Grady (coureur, CSC): «On doit tout recommencer. Je ne comprends toujours pas pourquoi il y a des coureurs qui continuent à mettre leur sport en danger. Combien d’avertissements faudra-t-il avoir avant que ces gens comprennent ? Pour moi, on doit les interdire à vie. Ils peuvent aller travailler ailleurs, faire n’importe quel métier, au lieu de pourrir le vélo…» (AFP)

David Millar (coureur, Garmin): «C’est bien qu’on se débarrasse de lui. Ca me fait penser que rien n’a changé, que c’est comme avant. L’image du vélo est foutue ! (sur les soupçons à l’encontre de Ricco) En général, quand on voit des choses incroyables, c’est parce qu’elles ne sont pas vraies. C’est la triste vérité.» (AFP)

Frank Schleck (coureur, CSC): «Qu’il soit renvoyé chez lui, ça montre que les contrôles fonctionnent.» (AFP)

Juan Cobo Acebo (Saunier Duval) : «Il y a eu des jours meilleurs. Si le contrôle positif est confirmé par la contre-analyse, c’est une nouvelle terrible

Romain Feillu (Agritubel) : «J’ai entendu parler qu’un nouveau truc existait, qui était soi-disant indétectable. C’est donc une bonne nouvelle. Si les contrôles marchent et qu’on voit que c’est le seul à l’utiliser, c’est positif. De toute façon, Ricco c’était quelqu’un d’arrogant, qui n’était pas apprécié dans le peloton. Maintenant, cela va peut-être rouler moins vite.»

Marc Madiot (directeur sportif de la Française des Jeux) : «Dehors ! Toutes les années, il y a un discours, il y a des règles du jeu. On ne va pas s’appesantir sur un mec qui se fait attraper. Dehors les tricheurs !»

Roger Legeay (manageur du Crédit agricole): «On prend dans les filets les petits et les gros poissons parce que les filets sont fins. C’est évidemment un mal nécessaire. On est dans un sport qui a une action forte contre le dopage, que ce soit par l’AMA, l’UCI, le passeport biologique, les tests sanguins, l’ADN… Il n’y a pas un autre sport qui dénonce le dopage comme nous le faisons dans le vélo. Nous sommes dans la transparence. Aujourd’hui, on cherche et on trouve, il fut un temps où l’on cherchait et où l’on ne trouvait pas. Mais il ne faut pas non plus croire à une société sans tricheurs. On parle d’EPO de deuxième ou de troisième génération. Alors pourquoi n’en y aurait-il pas de 4e génération ? C’est pour ça qu’il faut une lutte antidopage au plus près de la recherche scientifique. Il faut donner les moyens à nos chercheurs (Sur la décision de Saunier Duval de retirer son équipe) C’est leur décision. On saura peut-être plus tard pourquoi.»

Mark Cavendish (Team Columbia) : «Les tests attrapent les tricheurs, c’est comme ça qu’on assainit le sport. Je crois que c’est une grande déception pour les organisateurs, c’est un manque de respect à leur égard, alors que l’on a un Tour magnifique. Mais notre sport change dans le bon sens. J’aime le vélo passionnément et je crois au travail. Je ne veux pas ternir mon sport parce que j’ai la passion. Peut-être que ceux qui trichent n’ont pas cette passion. Je suis ravi de voir les tricheurs se faire attraper et que ces gens quittent le peloton. Je suis professionnel depuis un an et demi et je veux continuer à aimer ce sport encore longtemps..

Jean-René Bernaudeau (manager de Bouygues Telecom): “Ce n’est pas un problème d’âge, c’est un problème d’éducation. Voilà un coureur qui vient voler la gloire, les résultats, qui vient se moquer de tout le monde. Bravo à l’AFLD, à ceux qui font les contrôles. Tout ne s’écroule pas, bien au contraire. C’est une première. La lutte antidopage est faite par des gens nouveaux, indépendants“.

Eusebio Unzue (directeur sportif de Caisse d’épargne): «C’est une catastrophe. Je ne comprends pas ce qu’il faut pour que tout le monde se rende compte que ça ne peut plus se passer comme ça. Que faut-il faire de plus ? Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de coureurs honnêtes, beaucoup plus que de tricheurs, mais eux aussi payent le prix de tout ça. (Comment un directeur sportif peut-il être sûr à 100% qu’un coureur est propre ?) C’est impossible de le savoir à 100%.» (AFP)