Liverpool et Chelsea se sont qualifiés pour les quarts de finale de la Champion’s League. Les Reds ont surclassé un faible Real Madrid pendant que les Blues arrachaient dans la douleur un score de partage sur le terrain de la Juventus. Le Bayern qui a humilié le Sporting Portugal (7-1) et Villareal qui s’est imposé au Panathinaikos (1-2) passent aussi au tour suivant.
Pour ceux qui en doutaient encore, Liverpool est bel et bien LE spécialiste de la Ligue des champions. Cette épreuve lui sied comme un gant. Bien plus en tout cas que la Premier League où il est toujours aussi difficile de se montrer constant sur la durée. Contre une équipe du Real Madrid (4-0) aussi volontaire qu’impuissante, les joueurs de Rafael Benitez ont fait bien plus que confirmer leur succès du match aller (1-0). Ils ont tout simplement livré un récital de la première à la dernière minute. Cette aptitude à se métamorphoser lorsque l’opposition se veut plus redoutable n’est pas nouvelle. Lors des quatre dernières éditions, le club de la Mersey a compilé deux finales et une demi-finale épique l’an dernier contre Chelsea. Cette année encore, il ne serait pas illogique de le voir réaliser une performance du même accabit, tant sa domination fut par moments exceptionnelle. Les Reds étaient en balade. Ils ont emmené avec eux des Merengues incapables de suivre leur rythme effréné.
Liverpool et le Real en avaient gardé sous la semelle. Pour le plus grand plaisir d’Anfield Road, la seconde manche entre les deux équipes n’eut pas grand chose à voir avec le soporifique 1-0 du match aller. Fernando Torres et ses équipiers y sont pour beaucoup. L’international espagnol surtout. Absent il y a quinze jours à Bernabeu en raison d’une cheville douloureuse, l’attaquant a bousculé, au sens propre comme au sens figuré, une défense madrilène décidément trop tendre pour les joutes continentales. Après une percée de Dirk Kuyt, Torres s’est aidé du bras pour se défaire de Pepe avant de mystifier un Iker Casillas livré à lui-même (16e). Ce but qui n’aurait certainement pas dû être validé par M. De Bleeckere, est venu récompenser une entame tonitruante des joueurs de Benitez. En terme d’engagement et d’intensité, les Reds n’ont pas laissé une minute de répit aux Madrilènes. Le seul mérite des Merengue est d’être toujours reparti au combat. Même lorsqu’ils ont été menés 3-0 dès le début de la seconde période.
Le coup de couteau a été planté par Steven Gerrard dès la reprise (47e). Le capitaine des Reds avait déjà contribué à tuer le suspens en convertissant un penalty consécutif à une main involontaire (encore du grand De Bleeckhere) de Gabriel Heinze (29e s.p). Pour son centième match européen, il pouvait difficilement espérer mieux que l’ovation qui a accompagné sa sortie à vingt minutes du terme (73e). La fin du calvaire pour la formation de Juande Ramos ? Pas tout à fait. A quelques minutes de la fin, Andrea Dossena a pris un malin plaisir à donner à cette rencontre des allures de correction (88e). Comme lors des quatre dernières saisons, le Real se fait sortir de la C1 dès les huitièmes de finale. La marche était encore trop haute et l’opposition trop redoutable pour entrevoir une autre issue. De leur côté, les Reds ont envoyé un message à la concurrence en vue des quarts de finale.
Drogba sauve Chelsea
En une minute, les espoirs de la Juve se sont évanouis. Largement dominateurs en première période, incontestablement plus en jambes que leurs adversaires, malgré leurs nombreux absents, les Turinois ont tout perdu juste avant la mi-temps en l’espace d’un instant. Suite à un coup franc frappé par Drogba et stoppé sur sa ligne (voire derrière) par Buffon (44e), les Blues en ont profité pour cette fois vraiment tromper le portier transalpin. Et c’est un revenant, Michael Essien, qui s’en est chargé. Blessé en septembre dernier à un genou et de retour seulement le week-end dernier en Cup, le Ghanéen, titulaire pour la première fois cette saison en C1, a bien suivi après une frappe de Lampard détournée sur sa barre par le gardien champion du monde (45e). A ce moment-là, les Anglais étaient au bord de la rupture. Leur égalisation est intervenue à point nommé. Elle a mis fin en tout cas à l’écrasante domination piémontaise. Période durant laquelle la Vieille Dame avait ouvert le score par Vincenzo Iaquinta, à l’issue d’un remarquable enchaînement de Trezeguet (19e).
En une action donc, la Juve a vu la qualification s’échapper. Mais sur un coup du sort, elle aurait tout aussi bien pu la récupérer. Car après l’expulsion de Giorgio Chiellini (70e), les Bianconeri ne se sont pas démontés. Ils ont continué d’attaquer sous l’impulsion d’un Sébastian Giovinco intenable et ont été récompensés. Julio Belletti a eu la mauvaise idée de mettre ses mains en opposition dans sa propre surface sur un coup franc d’Alessandro Del Piero (72e). Le penalty transformé par le capitaine turinois (74e) a dès lors relancé son équipe. Mais à ce niveau-là, l’infériorité numérique constitue un handicap insurmontable. La preuve, les joueurs de Claudio Ranieri ont ensuite cédé une deuxième fois, sur un centre de Belletti repris par Didier Drogba à bout portant (83e). Malgré leur belle résistance, les Italiens quittent la compétition, avec les honneurs. Une élimination toutefois au goût amer pour l’un d’entre eux, Pavel Nedved, car suivie depuis le banc, après son remplacement en tout début de match (13e) à cause d’une blessure à la hanche. A bientôt 37 ans, le Tchèque raccrochera ses crampons en fin de saison. Sa carrière ne s’achèvera donc pas sur un doublé historique.
A l’inverse, Chelsea peut toujours rêver de celui-ci. Car même si depuis l’arrivée de Guus Hiddink, les Londoniens n’avaient jamais autant souffert qu’en première période, ils en sont sortis indemnes. Cette résistance à toute épreuve, à la furia turinoise en l’occurrence, pourra d’ailleurs être prise pour exemple à l’avenir. Tout comme la réussite retrouvée de Drogba, qui a inscrit là son quatrième but en cinq matches. A ce rythme, l’Ivoirien pourrait rendre bien des services à son club en cette fin de saison. Ça tombe bien, les Blues ont pour habitude de finir en boulet de canon.
Le sous-marin jaune rêve d’exploits
Villareal est allé chercher la qualification sur la pelouse du Panathinaïkos (2-1). Après le match nul (1-1) du match aller, les Espagnols sont allés s’imposer et rejoignent les quarts de finale de la compétition. Ariel Ibagaza a ouvert la marque pour le sous-marin jaune à la 49e avant qu’Evangelos Mantzios n’égalise 6 minutes plus tard. A 20 minutes du terme, Joseba Llorente redonnait l’avantage et la qualification aux levantins.
Le Bayern a sorti son boulier compteur
Les huitièmes de finale européens semblent inspirer le Bayern Munich. L’année dernière en coupe UEFA , les bavarois avaient corrigé Anderlecht au Parc Astrid (0-5). Les bruxellois avaient néanmoins eu le bon ton de sauver l’honneur en allant obtenir un succès de prestige (1-2) sur la pelouse de l’Allianz Arena. Cette année, même scénario au match aller, les munichois ont infligé au stade José Alvalade un score de forfait au Sporting Portugal local. Mais cette fois, il ne sont pas contentés de gérer leur retour puisqu’ils ont encore atomisé leur adversaire portugais (7-1). Ce résultat obtenu sans l’aide de Luca Toni et de Franck Ribéry, constitue la plus grosse dégelée de l’histoire de la C1. L’an passé, Manchester United avait déjà infligé le même tarif à l’AS Roma lors d’un quart de final retour. Ce qui est inédit en revanche, c’est le total des buts encaissés par les portugais sur les deux confrontations : 12… Pour la petite histoire, les 7 réalisations du FC Hollywood sont de Lukasz Podolski (7e, 34e), Anderson Polga contre son camp (38e), Bastian Schweinsteiger (43e), Mark Van Bommel (74e), Miroslav Klose (83e) et Thomas Müller (90e). Entre temps, à la 42e, Joao Moutinho, d’une frappe splendide, avait sauvé quelque peu l’honneur du club lisboète.